La pensée donne naissance au sentiment.
Le sentiment active l’émotion.

Le corps mental, le corps physique, le corps émotionnel sont les trois des parts de nous qui fonctionnent avec la maturité et la légèreté d’un enfant de 5/10 ans.
Qui donc nous a appris à les connaître et à dialoguer avec eux ?
Au lieu de subir son mental, de maltraiter son corps physique et de refuser ses émotions, mettons de la lumière sur ces trois-là et envisageons un triptyque d’alliés au service de la guérison et de la joie.

Le corps physique
Il est notre véhicule d’incarnation sur terre. Celui par lequel l’expérience de la vie est possible. Il est à notre service pour découvrir le monde. Lorsqu’il tombe en panne, tout peut s’arrêter. Il est en permanence l’émanation de notre être intérieur et en dialogue avec celui-ci.
Il manifeste la psychosomatisation, c’est-à-dire l’ensemble des effets de l’esprit sur lui. Le corps et la psyché sont intimement liés.
L’un ne peut vivre sans l’autre et ils sont en constante interaction avec ce que nous appelons des symptômes, des schémas de pensée, des croyances. Lorsqu’il y a désaccord avec notre vérité intérieure, il nous le fait savoir tôt ou tard par la maladie (mal a dit).
Il peut être bon d’observer comment on le traite, de reconnaître tout ce qu’il est capable de faire pour nous et ce que nous lui faisons subir en retour :
- En le jugeant souvent négativement, en étant dans une insatisfaction de celui-ci : taille, corpulence, forme…
- En lui manquant de respect par des pratiques non nécessaires.
Il est souvent contraint, rarement remercié pour la grande œuvre dont il nous permet de jouir : La vie.

Le corps mental
Le corps mental est vital. Quelle que soit l’expérience de notre vécu, que nos pensées soient positives ou négatives, nous sommes identifiés à notre mental. Il nous permet d’entrer en relation avec le monde et les autres.
Il est en quête de rationalité, il a besoin de comprendre, il aime le sens, le contrôler des situations. Son rôle est protecteur et il fonctionne souvent avec le passé, les souvenirs et la réflexion.
D’ailleurs, étymologiquement, la réflexion désigne un retour en arrière. C’est un phénomène par lequel un événement extérieur rencontrant la surface d’un corps qui lui fait obstacle est renvoyé dans le milieu d’où il provient.
- Le mental nous réjouit lorsque les pensées sont positives, agréables, lumineuses, éclairantes, créatrices… Quand tout va bien, notre identification à celui-ci nous plonge dans l’ego-satisfaction. Cela peut nous inciter à nous placer, inconsciemment ou non, au-dessus des autres…
- Mais quand tout est (s)ombre, que l’on croit avoir fait une erreur ou fait souffrir quelqu’un, que l’on vit une contrariété… alors nos pensées nous tirent vers le bas. Cette identification mentale nous plonge alors dans la culpabilité, la rumination, la comparaison, donc le jugement, et nous rentrons facilement dans un système d’auto-sabotage.
Le mental est comme une armure de protection sur laquelle les événements souffrants, négatifs viennent buter. De façon autonome, elle met tout en œuvre pour ne pas prendre le risque de revivre cela.
Le mental nous protège de ce que l’on prend pour des agressions extérieures. Il est conditionné et formaté pour reproduire, pas pour expérimenter la nouveauté. Tout ce qui va venir le contrarier, tout ce qui ne va pas dans son sens, qui ne fait pas partie de son logiciel est refusé. Il fonctionne souvent à ce moment-là en mode survie et engendre la peur. Le résultat est l’attaque, le figement ou la fuite.
La recherche de compréhension des problèmes, du pourquoi et du comment, bref la réflexion purement mentale amène-t-elle réellement à plus de paix et de sérénité en soi et autour de soi ? Rassurer le mental amène au mieux un relâchement temporaire, mais ne déclenche pas une guérison en profondeur.

Le corps émotionnel
L’émotion, à l’inverse des pensées et des sentiments, est identifiable physiquement. Les émotions interagissent avec nos pensées et nos sentiments. Elles sont un procédé manifesté dans le corps, identifiable, palpable et mesurable.
Le corps émotionnel est constitué de toutes nos émotions, des plus désagréables aux plus agréables. L’émotion est un état physique qui nous dit quelque chose sur nous. Si elle est souffrante, elle vient nous montrer qu’il y a quelque chose en nous qui n’est plus en adéquation avec notre être profond.
Nous éprouvons des émotions qui sont intérieures, le plus souvent en réaction à une situation extérieure. Le corps émotionnel indique que nous ne sommes pas de marbre, dénués de tout sentiment, de toutes émotions. Bref, il nous indique que nous sommes vivants.
Une charge émotionnelle peut se fixer sur un organe et produire un blocage. Plus nous voulons la refouler, la nier, plus elle prend de la force et se manifeste quand on s’y attend le moins sous diverses formes.
Vouloir dominer une charge émotionnelle est souvent source de mal-être.
Toute cette énergie de refoulement est saisie par le mental qui se met à alimenter des pensées obsessionnelles. Même quand le mental a compris le sens, les causes et les origines de nos malaises, cela ne dissout pas la racine qui est fondamentalement émotionnelle.
C’est le corps émotionnel qui indique, grâce aux ressentis corporels, ce qui est juste ou pas, même si le mental raconte autre chose avec ce qu’il garde du passé et son besoin de contrôle basé sur la peur. L’émotion nous ramène au corps, invite à sortir de notre mental pour ressentir en nous. En ce sens, le corps émotionnel est la porte vers la transformation.
C’est par le corps émotionnel que nous devons passer, si nous voulons découvrir qui nous sommes et pourquoi nous agissons d’une manière qui nous dessert souvent, sans que nous en soyons conscients.
Extrait de « Vers la pause définitive » d’Éric CHAUTARD.
